
La chapelle romane Santa Maria Canovaria fut vraisemblablement fondée par la célèbre comtesse Mathilde qui régna sur l’Ampugnani au cours du Xème siècle. C’est elle en effet qui en acheta les terrains en 936, et qui les légua – avec l’église construite entre temps – à sa mort en 951 à l’abbaye bénédictine San Salvatore et San Mamiliano de l’île de Monte Cristo, en demandant par ailleurs à y être inhumée.
Au XVème siècle, le domaine devint finalement la propriété de l’ordre des Camaldules. C’est d’ailleurs de cette époque plus tardive que datent plusieurs fresques qui ornent encore – par fragments – le chœur de l’église. Vous y reconnaîtrez notamment Saint Antoine de Padoue et l’Enfant Jésus, ou bien Saint Pierre enchaîné sortant d’une prison gardée par un Sarrasin. La nef est pour le reste assez dépouillée, blanchie à la chaux pour ses murs, et présentant une charpente apparente pour sa partie supérieure.
À l’extérieur, les murs permettent de déceler que le bâtiment fut construit au moins en deux époques distinctes. La première et la plus ancienne, celle de la construction contemporaine de la comtesse Mathilde (Xème siècle), est reconnaissable aux portions de murs alternant petites pierres plates avec des dalles plus larges (au niveau de la partie gauche du mur nord). La seconde époque (XIème siècle) se reconnaît à l’usage généralisé de dalles plus massives, et à la grande finesse de leur taille (au niveau de l’abside par exemple). Les deux meurtrières ainsi que la croix ajourée qui orne la façade d’entrée notamment, sont de cette seconde époque.